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samedi 17 novembre 2012

Automne



L’été se dérobe à mesure que s’égrènent les jours, c’est la fin du mois d’août. 
Comme à l’accoutumée, l’automne arrive, ponctuel, avec ses promesses de moiteur et d’obscurité. L’envie d’une dernière déambulation épaules nues me pousse au dehors. Bientôt les corps vont revêtir leurs tissus sombres, les silhouettes se draper dans une froide pudeur teintée d'anxiété. 
J’aimerais tremper mes lèvres dans un dernier verre de vin avant que l’été ne disparaisse, et l’ivresse.
Quelque chose dans l’air a déjà basculé. Avec son odeur piquante de pimprenelle, cette petite ruelle déserte a toujours eu le don de m’égayer. Au contact des rayons du soleil, ce sont mes idées noires qui prennent des couleurs. « Rue Gît-le-Coeur », je lis en apercevant son nom là, inscrit sur le mur, pareil à une épitaphe. Quel à propos! Il semble y avoir dans ce curieux odonyme un message personnel adressé par le destin. Ça y est, la fortune s’est enfin rangée de mon côté. Et la mélancolie, ma compagne la plus fidèle, a déguerpi. Ci-gît mon coeur. Greffe d'indolence. 
Dans la ruelle autour, nul témoin de ma renaissance, si ce n'est le petit bouquet que je tiens dans ma main serrée, frêle mais parfumé.


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