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mercredi 18 juin 2014

Orage

                                                                                                     (Leon Spilliaert)

Quand le ciel capricieux brusque les apparences
C'est le jour et la nuit dans la même seconde
Un sursaut de lumière dans un coin noir inonde
La voûte des nuages baignée d'ombres qui dansent

Mais derrière mes paupières se faufile un déluge
En un rien tout bascule, l'univers s'assombrit
L'ondée pâle récidive emporte mon refuge
Au coucher des ardeurs une moisson de dépit

L'asile bleu fugitif sur des sables mouvants
Se dérobe à ma vue au premier coup de vent
L'oasis où je rêve semé de doux mirages
Se coule dans le ciel prisonnier des orages

A l'intérieur de moi vibre le monde entier
Les fantômes invisibles cheminent en liberté
Dans ce désert de foudre où ma vie n'a pas lieu
Je demeure immobile loin du coeur loin des yeux

Mais partout le chagrin traîne son corps endormi
En secret s'y répand le poison de l'oubli
Qu'avec le jour étanche aux larmes de la nuit
Perle un bain de soleil pour éclipser la pluie