(Leon Spilliaert)
Quand
le ciel capricieux brusque les apparences
C'est
le jour et la nuit dans la même seconde
Un
sursaut de lumière dans un coin noir inonde
La
voûte des nuages baignée d'ombres qui dansent
Mais
derrière mes paupières se faufile un déluge
En
un rien tout bascule, l'univers s'assombrit
L'ondée
pâle récidive emporte mon refuge
Au
coucher des ardeurs une moisson de dépit
L'asile
bleu fugitif sur des sables mouvants
Se
dérobe à ma vue au premier coup de vent
L'oasis
où je rêve semé de doux mirages
Se
coule dans le ciel prisonnier des orages
A
l'intérieur de moi vibre le monde entier
Les
fantômes invisibles cheminent en liberté
Dans
ce désert de foudre où ma vie n'a pas lieu
Je
demeure immobile loin du coeur loin des yeux
Mais
partout le chagrin traîne son corps endormi
En
secret s'y répand le poison de l'oubli
Qu'avec
le jour étanche aux larmes de la nuit
Perle un bain de soleil pour éclipser la pluie
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