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mardi 17 avril 2018

Insomnie


                                                                           Odilon Redon


La nuit fait des merveilles
Elle est au courant de tout
Quand je cache même au sommeil
Mes rêves à dormir debout

Noire de monde elle pactise
Avec le fond de vérité
Qui passe ma tête indécise
Aux fenêtres des maisons hantées

Je vois un vortex grand ouvert
A se jeter dans la lumière
Dans le ciel blanc d’ennui
Où montent le corps et l’esprit

J’y envoie toutes les prières
Qui me débordent dans la nuit
Avant de retomber, poussières
Sur les toiles de mon lit


jeudi 15 mars 2018

Afrique, point de départ



Partons de ce rêve... Ce rêve de janvier qui a crevé l’espace pour m’emmener de l’autre côté, en Afrique. Un rêve né dans le monde des rêves, à la source. Une inspiration. Dès lors je n’avais plus qu’une idée en tête. Poursuivre ce rêve dans le monde réel. Dans cet autre hémisphère, où le ciel est différent. L'autre bout du monde, est-ce bien la même Terre ? Cette nuit-là, j'ai rêvé d’une panthère noire. Pupilles émeraude, robe velours. Elle a surgi de nulle part pour m’interpeller. Puis dans le flou chromatique, les pièces du puzzle commencent à s’emboîter. Aller chercher la guérison dans les régions inexplorées de soi, voilà. Hantée, panthérinée, l'âme en migration, je la vois partout, sous toutes ses formes, dans les jours, les mois qui suivent. L'inspiration se transforme en exploration. Un besoin vital d'agrandir la vie, d'aller voir « ailleurs » si j'y suis. Ça veut dire partir, seule, là où je n'ai pas d'identité, pas de réalité physique, à la rencontre de ce guide qui m'a appelée. Ce sera l’Afrique du sud, les léopards, la lutte pour la sauvegarde des espèces rares. Je deviens volontaire, pour un mois, dans les réserves du Kwazulu-Natal, territoire des braconniers. Je veux honorer la promesse que je me suis faite : suivre le courant mystérieux de la vie, suivre le messager. L'exil me rapproche de ma véritable nature, l'autre partie de moi-même qui vit nulle part et partout, qui est chez elle partout sur Terre. La conscience libre qui voyage à travers le temps et l'espace et connecte dans la nuit les pôles opposés, à l'intérieur du ciel, le plus grand des royaumes où je bascule pour m'extraire de ma vie minuscule. Il aura fallu toute la puissance d’un rêve pour me donner ce courage. Plonger dans l'inconnu. J'en reviens avec l'impression que s'y est déroulé pour moi un morceau de vie parallèle, à mi-chemin entre rêve et réalité. Une transformation, sans retour.

mardi 2 janvier 2018

Voyage





Pour oublier je dors
Je tombe comme la nuit 
Dans les univers infinis 
Je change le décor
Mes rêves naissent 
Dans l'espace, ivres d'or
Brillant comme des feux de détresse
Sur les envers aveugles où je me blesse
Où je m’appesantis encore

Pour oublier je mords 
Dans mes joues déchirées
Comme le lion sauvage
Tapi dans l'immense cage
Seul dans l'aurore
Qui verse chaque jour dans l'arène
Une lumière inespérée
Levant son armée souveraine
Contre les esprits enragés

Pour oublier je dépose
Une prière un matin rose
Au creux du sycomore
Pour que s'écoulent comme une rivière
Les maux de tous les hémisphères
Dans le ciel inversé d'étoiles
Dans le flot des sources animales

Pour oublier je dépose
Une prière un matin rose
Dans le ventre de la baleine
Où sont blotties les madeleines
Et dans tes sauts larges en dehors
Je vois ressusciter le for 
Depuis cette plage où baignent
Les souvenirs qui m'étreignent

Dans tes battements
Quand cogne le pouls de la mer
Contre mon coeur qui se desserre
Je tiens les messages de la Terre
Et dans tes sauts larges en dehors
Je vois ressusciter le for 
Du grand bassin où je tombe, eau !
Je fais le voeu d'être à nouveau