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jeudi 15 mars 2018

Afrique, point de départ



Partons de ce rêve... Ce rêve de janvier qui a crevé l’espace pour m’emmener de l’autre côté, en Afrique. Un rêve né dans le monde des rêves, à la source. Une inspiration. Dès lors je n’avais plus qu’une idée en tête. Poursuivre ce rêve dans le monde réel. Dans cet autre hémisphère, où le ciel est différent. L'autre bout du monde, est-ce bien la même Terre ? Cette nuit-là, j'ai rêvé d’une panthère noire. Pupilles émeraude, robe velours. Elle a surgi de nulle part pour m’interpeller. Puis dans le flou chromatique, les pièces du puzzle commencent à s’emboîter. Aller chercher la guérison dans les régions inexplorées de soi, voilà. Hantée, panthérinée, l'âme en migration, je la vois partout, sous toutes ses formes, dans les jours, les mois qui suivent. L'inspiration se transforme en exploration. Un besoin vital d'agrandir la vie, d'aller voir « ailleurs » si j'y suis. Ça veut dire partir, seule, là où je n'ai pas d'identité, pas de réalité physique, à la rencontre de ce guide qui m'a appelée. Ce sera l’Afrique du sud, les léopards, la lutte pour la sauvegarde des espèces rares. Je deviens volontaire, pour un mois, dans les réserves du Kwazulu-Natal, territoire des braconniers. Je veux honorer la promesse que je me suis faite : suivre le courant mystérieux de la vie, suivre le messager. L'exil me rapproche de ma véritable nature, l'autre partie de moi-même qui vit nulle part et partout, qui est chez elle partout sur Terre. La conscience libre qui voyage à travers le temps et l'espace et connecte dans la nuit les pôles opposés, à l'intérieur du ciel, le plus grand des royaumes où je bascule pour m'extraire de ma vie minuscule. Il aura fallu toute la puissance d’un rêve pour me donner ce courage. Plonger dans l'inconnu. J'en reviens avec l'impression que s'y est déroulé pour moi un morceau de vie parallèle, à mi-chemin entre rêve et réalité. Une transformation, sans retour.

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